Les mots de Gwen

Les mots de Gwen

Anne Calife - Tant mieux si je tombe

 

 

 

"Lucille a décidé de tout quitter : sa famille, son enfance, Marseille. Elle échoue à Nancy et s’y rêve sauvée. Malgré une vie bien rangée, elle veut tout bousculer. Et refuse le sacerdoce de la femme.

Mère, épouse, elle souhaiterait se libérer du carcan des convenances sans avoir à en souffrir. Elle se jette alors à corps perdu dans la sculpture de ses obsessions chaotiques. La jouissance créatrice lui redonne un semblant d’équilibre. Peu à peu, elle abandonne tout au risque de chavirer."

 

J’ai découvert ce roman - et cette auteur - grâce à la fondation The Menthol House qui m’a proposé de le découvrir. Bien évidemment, j’ai lu le résumé sur le net histoire de me faire une idée et je dois avouer que c’est la dernière phrase qui m’a séduite : "Peu à peu, elle abandonne tout au risque de chavirer." Je me suis dit que cette histoire ne pouvait qu’être progressive, une montée crescendo du suspense, de la tension et de la noirceur.

 

Lucille quitte - ou plutôt fuit - Marseille à 18 ans. Par hasard, elle arrive à Nancy, rencontre un homme - Philippe - qui deviendra son mari. Rapidement, elle se retrouve enceinte, ils se marient et se projettent tout naturellement vers l’avenir. Cependant, Lucille est malade. Personnellement, je n’ai pas identifié de suite son mal malgré la liste de ses médicaments ; mais son mari met un nom dessus et alors tout prend un sens : schizophrénie. Lucille se perd peu à peu dans son monde, un monde qu’elle extériorise grâce à la sculpture. Seulement à force de s’isoler dans son monde, elle en oublie les autres mais ne veut vivre sans.

 

Anne Calife nous plonge au cœur de la folie. Quoi qu’il soit complexe de qualifier de folie l’état de Lucille, car comme le dit son mari, qu’est-ce que la normalité ? Sa femme serait-elle aussi aimante, passionnée, … si elle était "normale" ? Pour accentuer cet effet "folie", l’auteur alterne la première personne du singulier et la troisième : nous sommes littéralement dans la tête de Lucille. Et pour nous permettre de reprendre pied de temps à autre, survient une page ou deux qui relate la vision de Philippe ou de la voisine. Un récit construit de telle façon qu’il est fidèle à l’histoire : des phrases courtes, des images, des couleurs, toutes les idées de Lucille sont ainsi posés sur papier. Une tension qui s’accentue, une écriture qui rappelle les thrillers psychologiques.

 

Mon seul regret, c’est l’épisode du zoo : trop facile, peu crédible.

 

Et si la dernière phrase m’a séduite, la couverture aussi est superbe !

 

Evidemment, on attend de voir comment il va se finir : bien ? mal ? Au fil de ma lecture, je m’imaginais deux scénarii possibles et… n’est pas été déçue ! L’auteur a réussi à donner un peu d’espoir…

 

 

Un grand merci à la Fondation Menthol House pour cette découverte !!

 


En savoir plus sur Anne Calife

 



06/03/2013

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