Les mots de Gwen

Les mots de Gwen

Julianna Baggott - Miss Amérique ne pleure jamais

"Pixie, ex-miss New Jersey, croyait sincèrement que son titre suffirait à lui garantir une vie de rêve. Mais à mesure que les années passent, il lui faut bien se rendre compte à l’évidence. Son premier mari la quitte pour un homme. L’amour que lui porte son ennuyeux amant faiblit à mesure qu’apparaissent les rides. Et son fils, en pleine crise d’adolescence, ne lui est d’aucun soutien… Une comédie acide et cruellement drôle qui passe le rêve américain au vitriol avec une jouissance rare."

 

Une étonnante découverte…


Pixie, dès le début de son adolescence, avait compris une chose : elle savait "qu'en Amérique la beauté peut vous mener où vous voulez." C’est pourquoi elle se lance dans l’aventure Miss Amérique. Mais son rêve s’arrête net lorsqu’elle assiste au sacre d’une rivale et se voit contrainte de dire au revoir à la vie de rêve qu’elle espérait. Aujourd’hui, elle est mariée et mère de deux enfants dont son fils Ezra (issu de son premier mariage), 16 ans, découvre les joies de l’adolescence. Sur une courte période, nous allons, via ce récit à deux voix, les accompagner tous les deux, au cœur des tempêtes et des tourments, au cœur des courtes joies et au cœur d’un passé pas facile à oublier.


Deux portraits croisés où l’un se confronte à l’autre. L’auteur nous plonge dans la tête d’Ezra et de Pixie à tour de rôle. Lui, nous raconte son enfance, comment il voit sa mère, son aventure avec Janie, ses relations avec son père, son beau-père, sa petite sœur, autrui, ses rêves et ses attentes ; elle, nous plonge dans les affres d’un passé qu’elle parvient à comprendre quand sa mère lui révèle une vérité jusque-là cachée, ses désillusions, ses angoisses.


Pixie n’a pas eu une enfance heureuse : "Je voulais juste devenir miss Amérique pour avoir une famille parfaite.(...) Je prouvais qu'on peut se hisser au-dessus de sa condition et se reconstruire sur des fondations solides. Devenir quelqu'un d'autre." Et sa vie d’adulte ne l’est pas tout autant. Son second mari, un dentiste, est horrible et ne la comprend pas. Pire, elle se sent seule et en est parfaitement consciente : "La solitude n’est pas une question de compagnie, ou de manque de compagnie. La solitude est un état intérieur. Un état d’isolement psychologique. Un enfermement dans sa propre religion." Ça laisse songeur…. ! Rien n’a d’importance si ce n’est son fils. Mais lui, il s’éloigne, il veut commencer sa vie.


En toute franchise, j’ai choisi - dans un premier temps - ce roman pour le titre. Je le trouvais amusant, il me donnait envie de découvrir ce qu’il cachait. J’ai donc lu le résumé sur le net et me suis dit "Pourquoi pas ?". Ca me semblait être une comédie pleine de rires, de quelques gags, de rebondissements. Eh bien non !!! Certes, nous sommes dans une comédie car certaines scènes relèvent quand même de l’amusement : nous sourions aux bourdes et aux réflexions d’Ezra. Mais, cette comédie est en grande partie basée sur une belle cruauté, une cruauté cynique qui découle de l’analyse de l’effondrement du rêve américain. Comme quoi, être belle ne donne pas droit au bonheur. Comme l’argent, finalement ! J’ai donc été plus que surprise de lire ce roman qui est loin de la comédie désopilante que j’attendais ! Surprise, mais agréablement. L’auteur possède une belle plume, un humour noir, décalé, très blasé (en même temps, elle fait le constat de l’échec). Seul bémol : une certaine linéarité dans le récit qui peut lasser par moment. Mis à part ça, on accroche rapidement tant les premières lignes sont mystérieuses : "Je commencerai juste avant le commencement. Juste avant l’incident avec Janie Pinkering et la capote fantaisie de son père. Vous devinez sans doute que nous en viendrons au sexe. Il sera aussi question de mort. Ou plutôt de mourir. De ce changement qui s’opère chez ceux qui n’en ont plus pour longtemps." Ça donne envie de le lire, non ?!?! A plusieurs reprises, j’ai trouvé que l’auteur portait un regard juste sur la société ; elle place son histoire en 1987, mais elle serait tout à fait d’actualité aujourd’hui. Elle a fait de son héroïne une femme blessée qui recherchait seulement le respect sans savoir comment : "Je ne voulais pas être désirée, je voulais être admirée par un public, comme une star. C'était sans doute une dignité de dupes, mais j'en avais besoin." Une héroïne qui s’est perdue quelque part sur le pas d’une chambre lorsqu’elle a vu son mari au lit avec un autre homme.


Après le titre et le résumé, ce qui m’a convaincue d’acheter ce livre, c’est la couverture. Je la trouve extrêmement bien choisie ; de toutes celles vues, celle avec la poupée Barbie est la meilleure. Cette poupée qui, de par son maquillage ou sa ligne, est l’incarnation de la perfection (pour certains!) est l’opposition parfaite (!) au titre choisi pour la version française :  même malheureuse, Barbie ne doit pas pleurer.


Un roman qui alterne entre le tragique et le comique, à découvrir !

 

 

Site officiel de Julianna Baggott

 



19/04/2013

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