Les mots de Gwen

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Katherine Pancol - Encore une danse

 

"Clara, Joséphine, Lucille, Agnès, Philippe et Rapha ont grandi ensemble à Montrouge. Ils ont habité le même immeuble et sont allés dans les mêmes écoles. Depuis, leurs vies ont pris des tournants différents mais leur amitié a résisté au temps, à la réussite des uns, aux échecs des autres. Ils pratiquent toujours leurs rites d’amitié, même si leur «musique», parfois, émet quelques fausses notes. Mais une nouvelle épreuve, plus sournoise, plus terrible, s’annonce, et le groupe menace de voler en éclats…"

 

Katherine Pancol, je ne connaissais que de nom. A dire vrai, malgré son succès avec sa trilogie (La valse lente des tortues, …), je n’ai jamais été attirée par ses romans. Pourquoi ? Je ne le sais même pas ! Et aujourd’hui (ou plutôt hier soir), une fois Encore une danse refermé, je me suis dit "Tiens, et si je lisais ses autres romans ?!"


Clara et Philippe sont frères et sœurs. Clara aime Rapha et Rapha aime Clara. Joséphine s’ennuie dans son mariage, Agnès se sent inutile et Lucille n’aime que ce qu’elle ne peut pas avoir. Tous ont grandi et pris des trajectoires complètement différentes : Lucille, petite bourgeoise (avec son mari, ils se vouvoient !), Rapha artiste peintre, Clara qui travaille quand elle en ressent le besoin, … Mais Rapha va confier un secret à Clara, un secret qui rebondira sur chacune des femmes du groupe et mettra à jour des secrets jusque-là bien cachés.


Je commence ma lecture avec beaucoup de plaisir car le résumé m’a attirée d’emblée. Et dès les premières pages, j’ai eu l’impression que Clara était le noyau central, celle qui était le lien entre tous, tout simplement parce qu’elle était celle dont la vie était la plus détaillée. Mais, au fur et à mesure, j’ai réalisé qu’au contraire, le noyau c’était Rapha. Le beau, le mystérieux, l’inaccessible Rapha. Rapha, dont on découvre son passé de la même façon que les autres protagonistes, à savoir par des rappels de souvenirs, se révèle - et là, je parle titre perso - un beau sa***d ! Non mais c’est quoi cette façon de se comporter avec les femmes ???? C’est donc lui qui va être à l’origine de l’éruption volcanique de secrets, de honte, de remise en question et de séparations.


J’ai rapidement été embarquée par cette bande de copains qui, il faut bien le dire, ne promettait pas une longue amitié. Ils sont tellement différents. En nous plongeant dans le quotidien et l’enfance de chacun, Kaherine Pancol nous permet de les cerner dès leur plus jeunes âges et ainsi, on se rend compte que Lucille a toujours été orgueilleuse ou encore qu’Agnès a toujours été la tendresse et la douceur incarnées. L’auteur effectue une véritable mise à nu de ses personnages et en cela, c’est assez intéressant même si l’on peut se poser la question de savoir si toutes ces informations nous serons utiles. Ce qui m’amène à parler de la narration. Pancol a un style propre à elle, c’est certain. Dans Encore une danse, nous avons quand même six personnages, six personnages que Pancol observe à tour de rôle. On passe rapidement du "il" au "je" et d’un personnage à l’autre, ce qui peut par moment dérouter mais on finit par s’y habituer. On trouve aussi peu de dialogues, ce qui alourdit parfois le récit (notamment lorsque l’on plonge dans le passé de l’un ou de l’autre). Cela dit, elle parvient à nous accrocher car on ne sait pas trop où tout ça va nous mener ! En effet, la nouvelle épreuve, le secret de Rapha arrive tardivement dans le récit ; bien après avoir appris à connaître un peu de chacun des personnages. Le secret de Rapha va faire exploser cette petite bulle qui semblait parfaite, surtout aux yeux de Clara.

 

En ce qui concerne ce secret, il faut se replacer dans le contexte : roman écrit à la fin des années 90, une époque avec des problèmes tels que le sida, le chômage, l’incertitude du lendemain, … Non pas qu’aujourd’hui ils n’ont plus cours, c’est juste qu’ils sont moins abordés dans les romans actuels. Or dans Encore une danse, Pancol met en avant ces problèmes et constate cette jeunesse qui part à la dérive ; finalement, elle a écrit ce roman avec les évènements de son époque, une époque dont l’un des romans les plus populaires fut Les nuits fauves (Cyril Collard).


Hormis la fin que je trouve un peu expédiée (on ne sait pas trop ce qu’ils deviennent ce qui laisse un goût amer d’inachevé), Encore une danse fut un bon moment mais surtout, le bon roman pour découvrir Pancol. J’avais quelques hésitations, mais elles furent vite balayées par les premières phrases très directes : "C’est le propre de la femme de se dévaluer. 99.9% des femmes pensent sincèrement qu’elles ne valent pas tripette."

 


Site officiel de Katherine Pancol



27/03/2013

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